Du haut de ses 4 782 mètres, la montagne du Cerro Rico domine la vallée de Potosí. Près de 500 ans après sa découverte et le début de son exploitation par les colons espagnols, les gisements d’argent, de plomb, de zinc et d’étain sont toujours exploités. Entre trois et cinq morts surviennent chaque semaine, généralement à cause d’éboulements. 45 ans, c’est l’espérance de vie des mineurs, dont les poumons sont rongés par la silicose.
Les hommes de Potosí le savent. Pour 500 euros par mois et malgré les risques, ils continuent de descendre dans les entrailles du Cerro Rico pour trouver le filon rare, celui qui leur permettra de sortir de la misère. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987, Potosí est classée depuis 2014 sur la liste du patrimoine mondial en péril.
01Le cheval blanc. Pérou, Vinicunca, Août 2018.
02Dès l'aube, les mineurs se préparent à rejoindre la montagne du Cerro Rico. Ici dans un baraquement qui leur sert de vestiaire et de salle de repos entre deux descentes dans les entrailles de la mine. Potosí, Bolivie, aout 2018.
03Un mineur attend le taxi collectif qui le conduira au Cerro Rico. Certains viennent à pied de leur quartier de Calvario. Les mineurs sont organisés en cooperatives autonomes depuis le retrait, en 1995, de l'état bolivien du secteur. Potosí, Bolivie, Août 2018.
045h30 du matin. Des taxis collectifs déversent des hommes par dizaines qui s'engouffreront dans les veines du Cerro Rico pour 8 heures de labeur. Descendus de taxis collectifs, les mineurs s'apprêtent à rejoindre leur baraquement non loin de la mine. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
05Un mineur observe la ville de Potosí située en contrebas. Les conditions de travail n'ont pas changé depuis cinq siècles. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
06Chaque mineur rejoint sa galerie. Les mineurs de Potosi extraient du Cerro Rico les minerais d'argent aujourd'hui presque épuisés, de plomb, de zinc et d'étain dans des conditions extremement difficiles et dangereuses. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
07L'exploitation des mines s'organise en coopératives. Les mineurs sont indépendants et sont les propriétaires des mines qu'ils creusent. Ils doivent cependant reverser une partie de leurs gains à la coopérative. Arnold, 46 ans, gère l'une d'entre elles : la coopérative Compotosi. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
08La femme d'un mineur surveille le matériel à la sortie des mines. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
09Les mineurs remontent les minerais dans un wagon qu'ils font rouler sur des rails déglingués. Dans de l'eau boueuse, ils sont souvent 4 à pousser le chariot qui, une fois rempli, peut peser jusqu'à une tonne. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
10Potosí, ville la plus haute du monde (devant Lhassa au Tibet) est aussi l'un des endroits les plus meurtriers : l'extraction se fait à la main, au mieux à l'aide de pelles et de pioches, parfois à la dynamite. Les extractions se font à la pioche et à la dynamite. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
11Francisco, 43 ans, vivait en Argentine. Il y a deux ans, il est venu s'installer à Potosí avec sa famille pour mieux gagner sa vie. Francisco examine un morceau d'argent dans une galerie située au niveau -3 de la mine. Dans cette partie de la mine, la température est de 45 degrés. L'oxygène est rare. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
12El Tio (L'Oncle) est une divinité du monde souterrain et des enfers. Plusieurs statues d'argile disséminées dans les mines reçoivent des offrandes (par exemple des cigarettes, des feuilles de coca, des friandises et de l'alcool), afin d'en obtenir la bienveillance. Il est vu comme le protecteur de la mine. Un diable avec un énorme pénis en est sa représentation. Les femmes sont interdites dans les mines. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
13Les lampes torches se frayent un chemin à travers les couloirs étroits de la mine. Après quelques virages, elles s'arrêtent sur un filon de zinc. Le gisement d'argent étant, aujourd'hui, presque épuisé. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
14Les mineurs sont payés en fonction du poids et de la qualité de ce qu'ils sortent de la montagne. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
15Deux mineurs se retrouvent après une dure journée de labeur. L'un deux tient une bouteille d'alcool (96 degrés) de Puro. Le Puro est vendu dans les échoppes qui jouxtent la montagne. L'alcool leur fait oublier leurs conditions de travail difficiles. Potosí, Bolivia, September 11, 2018.
16Les mineurs travaillent huit heures par jour. La poussière de silice provoque la silicose, une maladie pulmonaire provoquée par l'inhalation de particules de poussières de silice. Le seul traitement curatif connu est la transplantation pulmonaire. Aucun autre traitement n'a fait la preuve de son efficacité. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
17Les mains d'un mineur. Les mineurs travaillent huit heures par jour. La poussière de silice provoque la silicose, une maladie pulmonaire provoquée par l'inhalation de particules de poussières de silice. Le seul traitement curatif connu est la transplantation pulmonaire. Aucun autre traitement n'a fait la preuve de son efficacité. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
18Près de 15.000 mineurs travaillent dans les mines du Cerro Rico. A leurs côtés, les chiens sont omniprésents. Les espagnols commencent à exploiter les gisements d'argent dès 1545. Aujourd'hui, en raison de son exploitation continue depuis plusieurs siècles, le Cerro Rico, qui comporte plus de 600 entrées de galeries, est soumis à de forts risques d'effondrement. Potosí, Bolivie, le 11 septembre 2018.
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